
Ce petit Freud en plastique articulé m’a été offert par Annette Messager. Je le garde dans sa boîte, comme une petite œuvre en soi. J’ai une grande admiration pour Freud, que je lis beaucoup (on peut le lire une vie durant : c’est une œuvre infinie). Freud était un sage occidental comme il y a des sages orientaux. Un mélange de génie et de bon sens, un homme intuitif et très raisonnable à la fois, un grand savant. Cette petite « action figure » qui le désacralise m’amuse beaucoup. Freud en super héros ! Freud peut changer votre vie ! Avec la barbe, le costume trois pièces, et le cigare.

Cette
scénette mexicaine m’a été rapportée par
mon éditeur, Paul Otchakovsky-Laurens, de retour d’un voyage au
Mexique. J’aime
le chien qui attend patiemment sous la table qu’une boule-crâne
tombe. J’aime
le miroir, aussi. Je passe tous les jours devant, c’est un memento mori rigolo. Je fais partie de la scène,
et un jour moi
aussi des croque-morts fantasmatiques joueront une partie de billard
avec ma
tête. Au Mexique, à

Paul est mon éditeur et un grand ami. Nous nous sommes rencontrés en 1996, je lui avais envoyé le manuscrit de Truismes. C’est un portrait paru au dos de Libération, une sorte de consécration, en 1998 je pense. A côté on distingue des fleurs et des cigarettes : une de ci de là, une de temps en temps, il y en a toujours chez moi.

J’écris à la main, puis je tape sur l’ordinateur, jusqu’à sept réécritures. A l’époque, c’était sur disquette. J’ai gardé les disquettes de tous mes livres jusqu’au Bébé. Elles sont sur les rayons de ma bibliothèque. Ce support informatique est très rapidement devenu désuet. Il faut dire qu’il fallait deux disquettes pour contenir une seule photo, et que les romans débordaient parfois. Ensuite il y a eu les disque « zip », des sortes de super disquettes, mais ils ont disparu aussi rapidement qu’ils étaient venus. Pour m’expliquer ce qu’est une clé USB mon mari m’a dit : « tu pourras écrire toute une vie durant, tu ne parviendras pas à la remplir ».
J’aime bien le contraste hasardeux entre ces vieilles disquettes et les dos très chics, intemporels, des Pléiades. Nathalie Sarraute m’avait offert le sien. C’était une grande dame à la fois très angoissée et très malicieuse. Elle était en train d’écrire son dernier livre, Ouvrez, quand le Pléiade de son « œuvre complète » est paru. Ca la faisait rire, d’écrire encore après…

J’ai
plusieurs alphabets brodés dans mon
bureau. Le premier date de 1899, il est de mon
arrière-grand-mère. Le deuxième
date de 1921 : ma grand-mère. Le troisième est de ma
mère. Elles les ont
brodés quand elles étaient petites filles, à
l’école de

Ma drogue. Mon carburant pour écrire. J’emportais un thermos partout dans mes voyages (pas celui-ci, trop gros) mais depuis les contrôles dans les aéroports, je n’ai plus le droit !

Cadeau de mon père pour mes dix-huit ans. Un des rares objets de luxe auquel je tiens. On le voit là posé une page du manuscrit de Tom est mort.

Une simple statuette pour le marché touristique. Elle m’a été offerte par un ami là-bas. Je la trouve drôle, énigmatique et jolie. Elle représente un colon méditatif et un peu ridicule. Quelque chose de faulknérien, aussi.
A côté, sans rapport, dans le fouillis de mon bureau, il y a une affichette d’un des plus beaux films du monde, Blow up d’Antonioni.

Chloé Tallot est une jeune artiste qui a, entre autres images, revisité l’Origine du monde de Courbet. Et croyez-moi, ça fait encore scandale… Surtout au masculin… Cachez cette bite que je ne saurais voir !
voir dans « carnets »
Au-dessus
on voit la disquette de Naissance
des fantômes (1998), et
celle
d’Iridium (1997), un roman raté que
je n’ai pas voulu publier, mais que je réécrirai
peut-être un jour.
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